Lettre ouverte à M. Patrice Bessac, Maire de Montreuil et la réponse…..du DRH !

Monsieur le Maire,

En conclusion du récent  séminaire de l’encadrement,  M. Namura, directeur général des services a cité W. Churchill : « Vous avez voulu éviter la guerre au prix du déshonneur. Vous avez le déshonneur et vous aurez la guerre. »

Cette  citation, faisant référence à une période historique funeste a été ressentie par de nombreux  collègues  comme  une  agression.

 L’incompréhension  des  cadres  présents perdure encore à ce jour et provoque parmi le personnel une réelle inquiétude quant au mode de management et aux valeurs portés par la Direction générale.

Si le contexte rencontré par les collectivités est difficile, est-il judicieux de le comparer à une situation de guerre ?

Est-il pertinent d’insinuer que les cadres qui s’interrogent sur les conditions  d’exercice  du  service  public  puissent  être  comparés  aux  signataires  des accords de Munich ?

De tels propos sont par ailleurs irresponsables dans le contexte de notre collectivité, qui connaît un mouvement social sans précédent attisé par une attitude punitive et méprisante envers  les  agents.

Nos  collègues  souffrent  de  leurs  conditions  de  travail,  de  la désorganisation de leurs services, des mesures prises à leur encontre faisant fi de leur intelligence collective à proposer des solutions pour permettre au service public local de continuer à fonctionner dans un contexte de crise financière…

Notre  intersyndicale  se  devait  donc  par  ce  courrier  de  relayer  l’incompréhension  et  le malaise  des  agents  face  à  ces  propos.

Nous  vous  demandons  de  prendre  position  par rapport à ce discours tenu par le directeur général des services et aux conséquences de celui-ci pour les agents de notre ville. Cordialement,

L’intersyndicale CGT, FSU, FO, CNT.

lettre ouverte citation Churchill

Réponse ci-dessous du DRH par un mail  du 15 juin 2016

Chacun appréciera le caractère alambiqué de cette réponse cherchant à trouver une  justification à une citation qui pour nous n’en a aucune surtout dans un contexte où les personnels, cadres ou non, voient leurs acquis remis en cause !

Mesdames, Messieurs,
En réponse à la lettre ouverte de l’Intersyndicale, le contexte et le sens de la citation faite par le DGS à la conférence des cadres du 31 mai se doivent d’être rappelés, ce qui est fait dans le développement qui suit.
 
Les sujets abordés lors de cette conférence, particulièrement suivie, ont été largement appréciés, tant par la qualité des présentations, que par l’animation des interventions.
Elle a permis de souligner le travail de fond entrepris dans un esprit d’équipe, qui permet d’avancer malgré les difficultés.
Les échanges ont porté sur les évolutions des besoins sociaux des Montreuillois, les ré-organisations de 3 directions (Sports, Urbanisme/Habitat, Ressources Humaines), la sécurité du système d’information et le projet Altaïs-Mairie.
Concernant la difficulté pour les cadres de direction d’engager des changements structurants, le DGS a tenu à souligner combien le pilotage de ces réformes expose les directions ce qui pourrait les conduire à renoncer.
Pour les inviter à aller de l’avant, avec méthode et concertation, le DGS a fait référence à une citation historique en prenant soin d’expliquer préalablement les clés de lecture de celle-ci car, à l’évidence, il n’y a aucune comparaison possible avec le contexte de sa prononciation en 1938.
L’intérêt de cette citation réside dans son sens profond qui traverse le temps : en voulant éviter de mener une action d’ampleur indispensable, par crainte des conséquences de ladite action, on se trouve finalement à la fois perçu comme quelqu’un qui renonce à faire face à ses responsabilités, tout en restant avec les mêmes problèmes, souvent même amplifiés, à régler dans des conditions devenues plus difficiles.
A posteriori, malgré ces explications préalables, la force des mots et le ressenti de la situation de tension sociale actuelle ont pu favoriser, pour certains, une interprétation manifestement contraire au sens donné en la circonstance à cette citation.
Il n’y avait aucune autre intention dans cette référence que celle de contribuer à mobiliser les cadres autour des enjeux de la collectivité : le redressement financier, l’efficacité de l’action municipale et la préservation de la qualité du service public dans un environnement mouvant et déstabilisant.
Espérant que ces éléments permettront de clarifier le propos,
Restant à votre écoute,
Bien cordialement,
   Jean-Marc SAINT-GABRIEL

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